Pour préserver la vue, des progrès dignes de la science-fiction


Implants multifocaux, laser femtoseconde, cellules souches… Dans le numéro qui vient de sortir, Sciences et Avenir explore les progrès médicaux et technologiques innovants réalisés.

 

RÉTINE. Voir de nouveau. Mieux, plus nettement. Pouvoir enfin discerner des formes, des visages, des mots. Retrouver l’usage d’un sens grâce auquel nous échangeons, nous reconnaissons, nous nous déplaçons, nous partageons nos émotions. En décembre, pour la première fois au monde, une rétine artificielle ultra-perfectionnée a permis à un aveugle non pas de sentir des mots en braille mais de les « voir », ceux-ci ayant été directement projetés sur sa prothèse rétinienne. Mais, hors la cécité absolue, d’autres manières existent de ne pas voir : brouillard visuel, perte d’acuité avec l’âge…

CATARACTE. Notre œil est un système à la fois fragile et complexe, qui peut se dérégler. Cette caméra biologique si bien équipée de son cristallin pour lentille et de sa rétine pour film peut être victime d’accidents comme les brûlures, de maladies comme le diabète ou les affections génétiques de la rétine, mais aussi du vieillissement, avec le développement de la cataracte ou de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA)… Bonne nouvelle, peu de disciplines médicales ont évolué aussi rapidement et de manière aussi spectaculaire que l’ophtalmologie.

« Depuis vingt ans, d’importants progrès ont été accomplis par les chercheurs, médecins et chirurgiens spécialisés, pour remédier aux troubles et maladies de la vision », estime le Pr Philippe Denis, chef du service d’ophtalmologie à l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon et président de la Société française d’ophtalmologie.

MICROCHIRURGIE. En premier lieu, l’utilisation maximisée du laser. Capable de sculpter la cornée en profondeur pour répondre aux troubles communs de la réfraction (myopie, astigmatisme, presbytie…), il permet de se passer de lunettes. Autre progrès, la microchirurgie permet aujourd’hui l’utilisation d’implants perfectionnés pour remédier à la cataracte – on peut désormais voir avec netteté à presque toutes les distances. Enfin, des traitements encore plus efficaces en cas de DMLA sont mis au point.

Déjà, se profilent d’autres avancées dignes de la science-fiction : rétines artificielles, thérapie cellulaire, thérapie génique au sein même de la rétine. Mais aussi optogénétique, technique surprenante qui entend « réveiller » les cellules rétiniennes endormies grâce à la lumière.

Mais ces progrès suffiront-ils répondre à l’ampleur des besoins ? Car ceux-ci explosent. Un Français sur 1000 est aveugle, un sur 100 est malvoyant. Chaque année dans le monde, jusqu’à 2 millions de personnes perdent la vue et s’ajoutent aux 40 millions de personnes déjà atteintes de cécité. D’ici à 2030, leur nombre devrait doubler, selon les prévisions de l’Organisation mondiale de la santé. Or, la pénurie d’ophtalmologistes se fait sentir. En France, les délais d’attente étaient en moyenne de 103 jours en 2011 (sondage Ifop 2011 pour le Syndicat national des ophtalmologistes de France.) Des ophtalmologistes qui « vieillissent, souligne le Pr Denis. La moyenne d’âge des spécialistes atteint 54 ans et les deux tiers d’entre eux prendront leur retraite avant 2025. » Des problèmes qui se posent avec acuité.

 

Source: http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20130121.OBS6062/pour-preserver-la-vue-des-progres-dignes-de-la-science-fiction.html