La vision bionique de cette Medtech à l’assaut de la DMLA


De nouvelles preuves de l’efficacité de la technologie mise au point par la Medtech française pour pallier la perte de la vision centrale induite par la DMLA ont été exposées lors d’un important congrès aux États-Unis.

 

À l’occasion du congrès annuel de l’Association pour la recherche en vision et en ophtalmologie (Arvo), qui se déroule du 1er au 5 mai à Seattle, Pixium, à l’initiative d’un système très innovant qui permet aux aveugles de retrouver partiellement la vue, rapporte que ses partenaires de recherche ont annoncé des « progrès importants » sur PRIMA. Il s’agit d’un implant de nouvelle génération, de stimulation sous-rétinienne obtenue en remplaçant la couche de cellules photoréceptrices par un porte-électrode qui pourrait ouvrir des marchés plus larges que la cécité causée par des maladies génétiques rares, comme le marché de la très fréquente DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge).

L’équipe de l’université de Stanford a évalué les mécanismes d’activation de la rétine et de sécurité oculaire, indiquant que PRIMA pouvait fournir une vision artificielle à une cadence vidéo et suggérant des performances futures élevées chez l’Homme. L’Institut de la vision à Paris a confirmé ses résultats de modélisation en démontrant ex vivo la réponse localisée des cellules ganglionnaires de la rétine à une stimulation sous-rétinienne sur des rétines de primates aveugles. Avec ses résultats, PRIMA progresse vers un essai clinique chez les patients atteints de DMLA.

1 milliard d’euros par an

La première implantation chez l’Homme devrait intervenir dès la fin de l’année. Chez Gilbert Dupont, on estime que « la société pourrait générer un peak sales de plus de 500 millions d’euros à horizon dix ans dans cette indication. […] Pixium représente une bonne opportunité de se positionner sur une valeur à fort potentiel à moyen terme, compte tenu du succès de la première implantation chez l’homme d’IRIS II, de l’absence de menace à court terme de la part des compétiteurs et d’un newsflow soutenu en 2016. »

IRIS II est un implant épi rétinien de stimulation (le porte-électrode est placé sur la surface de la rétine) qui cible les malades atteints de rétinite pigmentaire, une maladie héréditaire entraînant la cécité vers 40 ans et pour laquelle aucun traitement n’existe actuellement. « Nous estimons le potentiel de marché des implants rétiniens dans cette affection touchant 1,5 million de personnes dans le monde à plus de 500 millions d’euros par an », écrivaient les analystes de chez Oddo Securities début mars. IRIS II, qui compte trois fois plus d’électrodes que le premier système IRIS, devrait obtenir le marquage CE au cours de l’été lui permettant d’être vendu dans l’Union européenne. « Pixium Vision, deuxième entrant sur le marché, devrait rapidement rattraper la concurrence embryonnaire grâce à sa supériorité technologique », estime-t-on chez Oddo. Parmi les avantages d’IRIS II par rapport à la technologie de l’américain Second Sight : une meilleure résolution d’image, la possibilité de retirer aisément l’implant ou encore la réduction drastique du temps nécessaire à une chirurgie.

Les analystes sont unanimement acheteurs de la valeur. Jefferies vise 10,4 euros à horizon d’un an, Gilbert Dupont 10 euros, Oddo 9 euros et Société Générale 8,5.

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